Catégorie : Le monde du livre et de l’édition

  • La surproduction dans l’édition comme modèle économique

    La surproduction dans l’édition comme modèle économique


    « Nous ne nous résignerons jamais à une société qui choisit de publier moins pour lire moins » a affirmé Antoine Gallimard, dans le Monde. Cette déclaration fait suite à la publication du rapport Racine sur « l’auteur et l’acte de création ». L’alibi brandi de l’appauvrissement culturel ne sert qu’à défendre un modèle économique fondé sur la surproduction. L’idée n’est pas de publier moins pour lire moins mais de publier moins pour lire mieux et en respectant les différents acteurs de la filière du livre.

    Pourquoi parle-t-on de surproduction dans l’édition ?

    Plus de 100 000 livres sont parus en 2018, en France (70 000 en 2016) (source) . Si les éditeurs produisent autant c’est principalement à cause de leur modèle économique.

    Lire aussi : Comprendre la chaîne du livre

    Prenons un exemple : Un livre A paraît à 10€. 1000 exemplaires sont placés en librairie par le distributeur (1). Le distributeur verse alors le pourcentage revenant à la maison d’édition (environ 40%) sur ces 1000 exemplaires, soit 4000€. Les libraires peuvent ensuite commander plus d’exemplaires (réassort) auquel cas l’éditeur touche à nouveau son pourcentage sur les exemplaires placés. Mais les libraires peuvent aussi renvoyer les livres au distributeur (pendant 1 an), on appelle cela les retours. En cas de retours, le distributeur va demander à la maison d’édition de rembourser ce qu’elle a touché sur ces exemplaires. Pour 100 retours, dans notre exemple, elle devra verser 400€ au distributeur. Multiplier par de nombreux ouvrages, ces retours peuvent représenter des sommes importantes.

    Surproduire pour financer les retours

    L’objectif des éditeurs est donc de ne pas avoir à payer ces retours. Pour cela, ils ont intérêt à publier des livres très régulièrement car à chaque sortie en librairie, le distributeur leur paie le placement. Ainsi, quand ils ont les retours du livre A, le placement du livre B (1000 exemplaires à 10€) leur permet de ne pas avoir à rembourser le distributeur. Le distributeur versera : le placement du livre B 4000€ moins les retours du livre A 400€ soit 3600€.

    Surproduction dans l’édition et titres à enjeux

    La conséquence, c’est que les éditeurs ont des titres à enjeux (ceux auxquels ils croient et pour lesquels ils vont investir un peu en communication) et une énorme quantité de livres B, chair à canon de l’édition, qui ne sert qu’à compenser les retours. L’impact se fait sentir pour les auteurs dont les à-valoir et les pourcentages baissent puisque ces livres B ne doivent évidemment pas coûter trop chers…

    Lire aussi : comment sont répartis les revenus du livre

    L’impact de la surproduction dans l’édition pour les auteurs

    Les retours sont aussi un problème pour payer les droits d’auteur et l’une des causes pour lesquels ils sont payés avec un décalage d’un an. Les éditeurs veulent éviter de payer des droits sur des livres qui peuvent revenir... On trouve d’ailleurs souvent une clause de provision sur retour dans les contrats d’auteur. Elle permet à l’éditeur de conserver une partie des droits qui devraient être versés en cas de retours.

    (1) Le diffuseur / distributeur est un intermédiaire auquel les maisons d'édition font appel pour assurer la distribution de leurs livres auprès des librairies. Il gère les stocks de la maison d'édition et l'approvisionnement des librairies ainsi que la présentation commerciale des ouvrages aux libraires.
  • Comment sont répartis les revenus du livre ?

    Comment sont répartis les revenus du livre ?

    Mon article concernant la chaîne du livre m’a amenée à une discussion intéressante avec un éditeur sur comment les revenus du livre se répartissent entre les différents acteurs. Alors qui gagne quoi et comment ? Voici un éclairage sur ce sujet très délicat.

    Les chiffres présentés par la Charte

    revenus du livre

    Dans l’infographie réalisée pour mon article sur la chaîne du livre, je me suis appuyée sur les chiffres donnés par La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse pour montrer la répartition de ces revenus. Ce découpage est intéressant car il permet de distinguer les revenus de chaque acteur (y compris les taxes qui reviennent à l’État) et de faire ressortir que l’auteur est le moins bien payé de cette chaîne. Son inconvénient est qu’il ne reflète pas forcément bien la façon dont le partage du gâteau se fait.

    Le découpage éditeur / distributeur

    Le chiffre clé est 60/40 : le diffuseur/ distributeur prend, en moyenne 60% du prix du livre et reverse 40% à l’éditeur. Alors pourquoi la Charte n’a pas ces chiffres ?

    • Les 60% du diffuseur/distributeur comprennent aussi les libraires et les taxes.
    • Les 40% de l’éditeur incluent les droits d’auteur et le paiement de l’imprimeur.

    Qu’est-ce que ça change dans la répartition des revenus du livre ? Rien à ce que chacun touche dans les faits mais beaucoup sur la temporalité dans laquelle ces différents intervenants sont payés.

    revenus du livre

    Pourquoi le sujet de la répartition des revenus du livre est délicat ?

    Dans un secteur qui ne se porte pas très bien, chacun des participants de la chaîne du livre prêche pour sa paroisse et a des arguments qui méritent d’être entendus :

    • Les auteurs professionnels souffrent d’une paupérisation inquiétante : sur 8000 auteurs professionnels 41% vivent avec des revenus inférieurs au SMIC.
    • Les éditeurs avancent des sommes importantes pour la production d’un livre et ont à gérer une trésorerie compliquée en raison des retours. Les petites structures sont fragilisées par cette économie.
    • Si les libraires ont la plus grosse part du gâteau, encore faut-il qu’ils vendent les livres achetés. 22% seulement des achats de livre se font en librairie.

  • Comprendre la chaîne du livre en une infographie

    Comprendre la chaîne du livre en une infographie

    Mon parcours professionnel m’a permis de voir la chaîne du livre à travers différents rôles : auteur, éditrice, chargée de la communication digitale d’une maison d’édition ou lectrice curieuse de comprendre la vie d’une librairie (et de mes amis libraires). En discutant avec des personnes qui ne sont pas du milieu de l’édition et parfois même avec des professionnels, je me suis aperçue que les maillons de la chaîne du livre sont souvent mal connus. Les difficultés rencontrées par chaque acteur de cette chaîne sont également incomprises.

    La chaîne du livre en un schéma

    chaîne du livre

    Éditeurs et auteurs : la discorde

    Quels sont les reproches faits aux éditeurs ? Face à une situation économique compliquée et à une paupérisation des auteurs (41% des auteurs professionnels gagnent moins que le SMIC), les éditeurs sont souvent pointés du doigt pour leur manque d’engagement et de transparence. Les auteurs leur reprochent :

    • Des droits faibles : entre 6 et 10% du prix du livre (à partager s’il y a plusieurs auteurs pour un même ouvrage)
    • Un manque de transparence sur la vie du livre (délai très long pour connaître les ventes)
    • Des contrats qui couvrent des domaines parfois inexploités par la maison d’édition (cession de droits à l’étranger, audiovisuels, numérique).

    Les investissements de l’éditeur

    Ces reproches pourraient pousser à se tourner vers d’autres modes d’édition mais il faut aussi être conscient des investissements réalisés par une maison d’édition :

    • Correction éditoriale
    • Réalisation de la maquette / de la couverture
    • Impression
    • Plan de promotion et de communication

    La qualité de cet investissement est variable d’une maison d’édition à l’autre mais aussi d’un titre à l’autre. Les maisons d’édition investiront plus sur ce qu’elles appellent « les titres à enjeux » ( livres d’auteurs connus ou qui se sont déjà bien vendus à l’étranger).

    Les droits d’auteur

    La Charte a un slogan à ce sujet : « Si le livre était une pomme, les auteurs auraient les pépins ». Cela est dû aux droits d’auteur qui sont peu élevés (avec les taux les plus bas en littérature jeunesse par tradition) mais pas seulement. Pour que l’auteur (et l’éditeur) gagne de l’argent, il faut que son livre s’écoule à un certain volume. Or, les tirages (moyenne en France : 5000 ex) et les mises en place en librairie baissent constamment face à une inflation du nombre de sorties (1). Le résultat, c’est qu’un livre reste peu en librairie s’il ne convainc pas dès le début (avec une grosse promo, par exemple). Ainsi, l’immense majorité des auteurs n’aura rarement plus que son à-valoir.

    Anecdote : un ami libraire m’expliquait, en novembre 2017, qu’il avait reçu tellement de cartons Hachette (distributeur) sur une courte période qu’il en avait renvoyés sans même les ouvrir.

    Pour mieux comprendre, vous pouvez vous amuser à faire des simulations de droits sur le site créé par Denis Bajram pour calculer le montant des droits d’auteur en fonction des ventes.

    Être un auteur riche
    Un exemple de calcul de droits avec le site de Denis Bajram

    1 – http://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Livre-et-Lecture/Documentation/Publications/Chiffres-cles-du-secteur-du-livre/Chiffres-cles-du-secteur-du-livre-2016-2017

    Le manque de transparence

    Tous les auteurs ont envie de suivre les ventes de leur(s) livre(s) mais ils se heurtent à un manque de transparence des maisons d’édition. La reddition des comptes n’est donnée qu’un an après publication et concerne l’année précédente.

    Exemple : pour un roman paru en juin 2017, l’auteur reçoit la reddition des comptes pour l’année 2017 entre juin et septembre 2018.

    Souvent cette reddition des comptes est accompagnée d’une provision pour retour : c’est-à-dire qu’une partie des droits dus à l’auteur sont conservés par la maison d’édition pour compenser un éventuel retour des livres placés en librairie. Si les maisons d’édition font ça, c’est parce qu’elles-mêmes n’ont pas les chiffres de vente des livres. Le chiffre dont elle dispose (fourni par leur distributeur) est celui du nombre d’exemplaires placés en librairie. Or placé ne veut pas dire vendu !!! Puisque les libraires ont un an, parfois plus, pour renvoyer les livres. Mais est-ce que ce risque sur retour doit peser sur l’auteur ? 

    Le Premier ministre, Édouard Philippe a évoqué une réflexion en cours pour pallier ce problème en proposant que la reddition des comptes soit faites à partir des chiffres de sorties de caisse des librairies. Reste à savoir si cela profitera davantage aux auteurs (suppression de la provision pour retour) ou aux maisons d’édition qui payaient jusqu’ici sur les placements et non sur les ventes… 

    Comprendre l’économie d’une maison d’édition

    Si une maison d’édition sort un livre A en janvier, son distributeur lui versera en avril sa part sur les exemplaires placés. Si le livre se vend mal et que 500 exemplaires sont revenus des librairies en avril, la maison d’édition devra rembourser au distributeur sa part sur ces 500 exemplaires, en mai. Dans les faits, cela est peu fréquent dans les grandes maisons d’édition car le rythme de parution soutenu permet de compenser les retours avec les parutions. D’où l’intérêt à produire beaucoup pour avoir un fonds de roulement…

    Le diffuseur / distributeur : acteur incontournable de la chaîne du livre

    23 % de la part du gâteau du prix du livre revient au diffuseur / distributeur mais pour quelles actions ? De plus en plus concentré, le marché de la diffusion / distribution est dominé par quelques groupes en France (Hachette, Sodis, Interforum…).

    Le rôle du diffuseur / distributeur

    Il faut distinguer ici les deux activités :

    • Le diffuseur : il s’occupe de la commercialisation du livre auprès des libraires en présentant le catalogue des maisons d’édition et en prenant les commandes
    • Le distributeur : il stocke les livres pour l’éditeur et s’occupe d’approvisionner les librairies et de gérer les retours.

    Certaines maisons d’édition gèrent leur diffusion / distribution mais dans la majorité des cas, elles ont recours à une société tiers. Une bonne diffusion / distribution est incontournable pour avoir un minimum de visibilité et une présence en librairie.

    Les dysfonctionnements de la diffusion / distribution

    L’anecdote : Une éditrice m’a dit en plaisantant « il vaut mieux avoir une maison d’édition dont le nom commence par un A que par un Z, tu as plus de chance que les repré’ arrivent jusqu’à tes livres ».

    La blague en est à peine une tant les représentants commerciaux du diffuseur ont de livres à présenter. Car ils ont les catalogues de plusieurs dizaines de maisons d’édition (parfois en concurrence) à montrer aux libraires ! Comment alors avoir le temps de montrer toutes les nouveautés tout en travaillent les titres du fond (les parutions plus anciennes) ? Et programmer des dédicaces en plus ? Eux aussi se concentrent sur les titres à enjeux définis par les maisons d’édition.

    Le manque de transparence sur les ventes : le diffuseur / distributeur met à la disposition de l’éditeur un logiciel (Cyclade chez Hachette, par exemple) de suivi des stocks. Il permet à l’éditeur de suivre les placements chez les libraires au jour le jour avec les mouvements de retours et de réassort. Cela donne une tendance, bien sûr, mais comme souligné précédemment, placé n’est pas vendu ! Et l’éditeur peut avoir des retours massifs.

    Voici un aperçu d’une fiche de suivi d’un titre fourni par le distributeur à l’éditeur.
  • Fantasmes et réalité sur les services presse (SP)

    Fantasmes et réalité sur les services presse (SP)

    En étant journaliste et en ayant géré pendant plusieurs années les relations avec les blogueurs pour une grande maison d’édition, j’ai eu l’occasion de voir toutes les facettes du service presse et d’entendre beaucoup de choses étonnantes sur ce lien particulier entre éditeurs, journalistes et blogueurs. Essayons de tordre le cou à quelques idées reçues 😉

    Idées reçues n°1 : « Les éditeurs peuvent bien donner des livres, ça ne leur coûte rien »

    Rien n’est plus faux que cette phrase… Envoyer des SP coûte un bras aux éditeurs. Non seulement ce sont des exemplaires qu’ils ne vendent pas mais en plus il faut compter les frais d’envois : retrait distributeur, enveloppes, timbres (ou paiement du service au distributeur)… Pour un roman dont le prix de vente est de 16 euros en librairie, le coût total d’envoi pour l’éditeur, en SP, est d’environ 10 euros par exemplaire. En multipliant par cinquante, ou cent blogueurs, on comprend vite que le budget est loin d’être négligeable !

    Idées reçues n°2 : « Mais elles peuvent se le permettre avec toute la thune qu’elles ont ! »

    Je ne vais pas m’étendre sur le sujet. Les budgets marketing/communication des maisons d’édition n’ont rien à voir avec ceux de grands groupes de cosmétiques ou du secteur automobile, etc.

    Idées reçues n°3 : « Les SP, ce sont des cadeaux faits par les éditeurs aux blogueurs »

    Non, ce ne sont pas des cadeaux, ce sont des partenariats, des échanges « gagnant-gagnant ». La maison d’édition envoie un livre, en attendant une chronique en retour, qui participera à la communication sur un titre. Les maisons d’édition posent, en général, des conditions de délai car l’envoi de SP s’inscrit dans un plan de promotion. L’objectif est d’accompagner la sortie du livre.

    Idées reçues n°4 : « C’est dégueulasse, les maisons d’édition prennent toujours les mêmes blogueurs et jamais les petits blogs »

    Je l’ai entendu souvent celle-ci ^^ Oui, les maisons d’éditions sont des entreprises et elles sélectionnent les blogueurs influents qui vont générer le plus de visibilité car l’objectif principal d’une maison d’édition, en envoyant un SP, est de faire connaître son livre au plus grand nombre. Rappelez-vous, l’envoi de SP coûte assez cher, il faut que le retour sur investissement soit intéressant pour l’éditeur. Cela dit, ce n’est pas complètement vrai car certains éditeurs sont aussi très sensibles à l’investissement des blogueurs et préféreront un « petit » blog très investi et dynamique à un mastodonte dans lequel le livre de l’éditeur sera potentiellement noyé sous les SP des autres maisons.

    Idées reçues n°5 : « Les blogueurs qui reçoivent des SP ne font pas des chroniques honnêtes »

    Comme pour n’importe quel autre média, un blogueur reste libre du contenu éditorial qu’il publie sur son blog. Il a le droit d’aimer ou non un livre et de le dire, exactement comme un journaliste. Je suis persuadée que la plupart des maisons d’édition respectent ce principe. Aucun blogueur n’a été exclu de ma maison d’édition après avoir écrit une mauvaise critique (oui, il y en a eu).

    Idées reçues n°6 : « C’est un travail, les maisons d’édition devraient payer les blogueurs »

    Encore une demi-idée reçue 😉 Être blogueur peut être un travail puisque certains en tirent un revenu, en hébergeant de la publicité sur leur site ou en mettant en place des opérations de promotion (habillage du site aux couleurs d’une parution, par exemple). En revanche, si l’on assimile l’écriture d’une chronique de blog au travail de critique réalisé par un journaliste, les blogueurs ne peuvent pas être rémunérés par l’éditeur, pour une question d’indépendance ; tout comme les journalistes ne sont pas rémunérés par les gens qu’ils interviewent. Le fonctionnement d’un blog est donc très similaire à celui d’un journal : certains journaux font le choix de ne pas avoir de publicité, d’autres ont de la pub gérée par leur service commercial et sans lien (normalement) avec la rédaction.

  • L’édition à compte d’éditeur, à compte d’auteur ou l’autoédition ?

    L’édition à compte d’éditeur, à compte d’auteur ou l’autoédition ?

    L’édition, c’est comme le mannequinat : ça fait rêver beaucoup de monde, il y a peu d’élus et pas mal d’arnaques. Comment se repérer dans la jungle des éditeurs ? Comprendre les contrats ? Quels sont les avantages et les inconvénients des différentes solutions d’édition ?

    L’édition à compte d’éditeur

    Qu’est-ce que c’est ?

    L’édition à compte d’éditeur, c’est être publié par un éditeur qui assurera toutes les étapes de la confection et de la commercialisation du livre : la correction du manuscrit, la conception de la couverture, l’impression, la distribution et la promotion.

    Comment est-on rémunéré ?

    L’éditeur vous rémunère en droits d’auteur. Le montant des droits d’auteur varie d’une maison d’édition à l’autre et se situe entre 5 et 10% du prix de vente. Il faut savoir que sur un album jeunesse l’illustrateur et l’auteur se partagent les droits d’auteur, chacun touche donc entre 3 et 5%.

    Certains éditeurs versent des « à valoir », il s’agit d’une somme d’argent que l’auteur touche dès la première impression. Cette somme correspond à tout ou partie des droits d’auteur du premier tirage. Ainsi sur un livre à 10 euros tiré à 1 000 exemplaires avec des droits d’auteur à 10%, l’auteur touche 1000 euros d’à valoir. C’est un avantage important car si le tirage initial n’est pas vendu, l’auteur conserve ce paiement.

    Quels sont les avantages ?

    1. Votre livre aura une visibilité minimale assurée : les maisons d’édition à compte d’éditeur travaillent pour la plupart avec un diffuseur et votre livre sera donc distribué en librairie. Vous aurez aussi plus de chance d’être sélectionné pour des prix ou de bénéficier de bourses comme celles des Centres régionaux des lettres.
    2. Votre livre aura un aspect professionnel : pas de fautes d’orthographe, une mise en page esthétique, une jolie couverture…
    3. Vous progresserez : un éditeur vous accompagnera pour améliorer votre manuscrit et vous aidera donc à repérer vos tics, vos constructions parfois maladroites, etc.
    4. La maison d’édition assurera la promotion de votre livre : sur ce point, il y a de grandes variations suivant les maisons d’édition et aussi suivant leur foi en votre ouvrage. Tous les titres d’une maison d’édition ne bénéficient pas du même investissement en termes de promotion. Il y a ce qu’on appelle les titres à enjeu sur lesquels elles mettent le paquet et les livres moins importants qui bénéficieront de moins d’engagement de la part des services marketing et communication.

    Quels sont les inconvénients ?

    • Vous n’aurez pas toujours votre mot à dire : choix de la couverture ou du titre, noms des personnages, taille du manuscrit, tout ceci pourra vous être imposé. Même si le dialogue entre l’éditeur et l’auteur est courtois et bienveillant, il faudra vous plier aux exigences de la maison d’édition pour rentrer, par exemple, dans le moule d’une collection.
    • Si vous n’êtes pas nul en maths, vous aurez compris, dans la partie rémunération, que 90 à 95 % du prix de vente n’est pas pour vous !

    • Vos chances d’être accepté sont minces : les maisons d’édition à compte d’éditeur croulent sous les manuscrits, il va donc vous falloir être patient et peut-être essuyer un refus.

    L’édition à compte d’auteur

    Qu’est-ce que c’est ?

    L’édition à compte d’auteur consiste à faire appel à une société afin d’être assisté dans la conception et la commercialisation de son livre. La société facture ses différents services sous forme de forfait ou à la carte suivant les options choisies. Certaines sociétés d’édition à compte d’auteur reversent aussi des droits d’auteur.

    Comment est-on rémunéré ?

    Les contrats des éditeurs à compte d’auteur varient beaucoup et les modes de rémunération avec. Normalement, vous êtes propriétaire de votre tirage et vous en gérer la vente, le prix de votre livre vous revient donc. Certaines maisons d’édition à compte d’auteur proposent de gérer les stocks et la commercialisation soit en vous le facturant soit en vous reversant des droits d’auteur (assez faibles).

    Quels sont les avantages ?

    • La liberté de création : la maison d’édition à compte d’auteur ne vous imposera rien. Le texte que vous publierez sera tel que vous l’avez écrit. Vous n’aurez pas à entrer dans des impératifs de format de collection, de ligne éditoriale, etc.
    • Vous serez publiés : rares sont les maisons d’édition à compte d’auteur qui refusent des manuscrits.

    Quels sont les inconvénients ?

    • Dans les pays anglo-saxons, on appelle ses maisons d’édition « vanity press« . Si l’expression est assez dure, elle est plutôt bien vue. Ces maisons d’édition ne refusent pas (ou peu) de manuscrits et publient tous les déçus qui se sont vus refuser leur livre par les maisons d’édition à compte d’éditeur. Elles souffrent donc d’une image négative qui colle aux livres qu’elles publient. Ça peut même devenir un handicap pour être publié par un éditeur à compte d’éditeur.
    • Elles ne réaliseront pas un travail d’édition sur votre roman : pour tout auteur, il est difficile d’avoir du recul sur son manuscrit et c’est là que le travail d’un éditeur est précieux ! Or, ici, personne ne vous aidera gratuitement à mettre le doigt sur des incohérences, les faiblesses de structure du récit ou à améliorer des tournures de phrase.
    • La facture peut vite grimper : si certains éditeurs à compte d’auteur s’affichent comme gratuit, ils sont en réalité loin de l’être. J’ai étudié en détail l’offre de l’un des leaders de ces éditeurs « gratuits ». On découvre rapidement qu’à part la mise en page rien n’est gratuit. Vous avez besoin de plus de trois vérifications de maquette ? 49 euros. Une couverture personnalisée ? 200 euros. Une correction orthographique ? 6 euros, la page. L’écriture du résumé de la 4ème de couverture ? 200 euros.
    • … pour des revenus limités : là encore il faut lire les petites lignes ! L’une de ses maisons d’édition annonce une distribution en librairie, à la Fnac, etc. sauf que pas du tout. Quand on se penche en détail sur leur offre, on découvre que l’impression de votre ouvrage se fait à la demande et que votre livre n’a donc aucune chance de se retrouver en rayon à moins qu’un libraire découvre son existence et décide de le commander. En d’autres termes, on vous fait croire qu’il y a un distributeur et un diffuseur qui vont présenter votre livre au libraire et assurer une présence en librairie alors que non ! Une diffusion réduite limite forcément les ventes et les revenus.
    • Une rémunération frôlant l’arnaque : après avoir payé tout un tas de services, vous vous attendez peut-être à toucher une grosse partie du prix de vente ? Et bien, non ! Toujours chez le même éditeur, on vous reverse généreusement 20% du prix de vente pour une vente en direct sur le site de l’éditeur et 10% hors du site. Vous ne gagnez quasiment rien de plus qu’un auteur en maison à compte d’éditeur alors que vous avez payé des services, que vous ne bénéficiez pas d’une distribution et que vous assurez vous-même le marketing et la communication ! Cerise sur le gâteau, si votre livre génère moins de 79 euros de droits d’auteur, on ne vous les verse pas.

    L’autoédition

    Qu’est-ce que c’est ?

    L’autoédition est le fait de gérer de A à Z la publication de son livre de la conception jusqu’à la mise en rayon.

    Comment est-on rémunéré ?

    Vous n’êtes pas rémunéré en droits d’auteur. Vos revenus résultent de la vente de votre livre mais vous ne toucherez pas l’intégralité du prix de vente puisque le libraire prendra sa part et que sur les plateformes du type Amazon, vous payerez aussi un droit d’accès. À cela s’ajoutent les taxes et impôts.

    Quels sont les avantages ?

    • Vous pouvez exploiter vos compétences ou votre réseau : si vous êtes doué pour la mise en page, le graphisme, le marketing, etc. vous pouvez assurer tous ces volets de votre projet.
    • Vous travaillez avec les prestataires qui vous plaisent : vous rêvez de collaborer avec un illustrateur ? Vous pensez que tel attaché de presse serait parfait pour la promotion de votre livre ? Votre projet est entièrement personnalisable et ne dépend que de votre portefeuille et de votre capacité à convaincre des gens de collaborer avec vous.
    • Votre part du gâteau sera peut-être plus élevée qu’avec une maison d’édition à compte d’éditeur : c’est à moitié vrai car cela dépend beaucoup des ventes réalisées.
    • C’est la solution idéale pour les publications à destination d’une cible réduite (membres d’une association, famille, publications de niche…) qui n’intéresseront pas un éditeur. Cela peut aussi être une bonne idée pour le format numérique comme il n’y a pas les frais d’impression et de diffusion/distribution en librairie.

    Quels sont les inconvénients ?

    • Pour autoéditer un livre grand public, il faut être un véritable couteau suisse ou avoir un bon compte en banque : en plus de compétences très variées, il vous faut maîtriser les usages de l’édition comme l’obtention du code ISBN, les dépôts légaux, gérer vos stocks, votre comptabilité, etc.  Si vous n’êtes pas un graphiste hors pair ou un pro du marketing, vous aurez peut-être besoin de payer des prestataires pour ces services.
    • Vous n’aurez pas de distributeur : ce sera à vous d’aller faire le tour des librairies pour convaincre que votre ouvrage est intéressant ! C’est donc une solution plus adaptée au livre numérique qu’au livre papier.
    • Les arnaques : comme vous ne connaissez pas forcément les tarifs des différentes prestations, certains n’hésitent pas à en profiter. Sans chercher longtemps, je suis tombée sur le site d’un imprimeur « spécialisé en autoédition » dont les tarifs sont plus de 5 fois supérieurs au prix observé chez un imprimeur standard : le coût à l’unité pour un tirage à 3000 exemplaires d’un roman en carré collé s’élevant à 31 euros !!! Et on vous livre en colissimo chez vous (je rêve de voir la tête du facteur :p).

    Sur le même sujet, vous pouvez lire d’autres articles intéressants :

    Sites utiles :

    • L’oie plate : l’observatoire indépendant de l’édition pour auteur exigeant – Ce site est une vraie mine d’or pour comprendre les contrats des maisons d’édition à compte d’auteur et trier le bon grain de l’ivraie.
    • La charte : association d’auteurs et illustrateurs jeunesse, a rédigé des brochures très intéressantes sur les contrats d’édition.
  • Comment corriger son manuscrit avant de l’envoyer à un éditeur ?

    Comment corriger son manuscrit avant de l’envoyer à un éditeur ?

    Vous venez de mettre le point final à votre roman après des mois de travail. Avant d’envoyer votre manuscrit à un éditeur, il vous reste une dernière étape : les corrections ! Voici quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté pour être publié.

    Les bases de la mise en page et de la correction

    La présentation

    Votre manuscrit doit être agréable et facile à lire :

    • Faites des sauts de page entre les chapitres et les différentes parties
    • Choisissez une police bien lisible (pas de fantaisie 😉 )
    • Utilisez un interlignage double
    • Numérotez les pages

    typo-des-medecins
    Laissez cette typo aux médecins 😉

    Les premiers éléments de correction

    • Utilisez un correcteur d’orthographe et de grammaire : il en existe plusieurs qui sont performants. Les professionnels de l’édition utilisent souvent Prolexis mais l’addition est salée : comptez 300 euros pour le seul correcteur français. Pour ma part, j’utilise Le Robert correcteur (99 euros et parfois en promo). C’est un investissement, certes, mais un outil très utile notamment grâce à son dictionnaire des synonymes et des contraires intégré. Et l’équipe du Robert correcteur répond aux mails clients dans la journée (j’ai testé), en cas de problème, ce qui est un bon point !
    • Lisez votre texte à haute voix : vous allez voir, c’est stupéfiant ! On repère beaucoup plus facilement les répétitions et les tournures un peu lourdes. Je vous conseille d’ailleurs de prendre cette habitude en cours d’écriture.

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    N’écoutez pas Nick, il n’a écrit qu’un demi-roman XD

    Faites lire votre manuscrit à des amis / béta-lecteurs

    • Bien choisir son béta-lecteur : la première condition, c’est évidemment que cette personne en ait envie. Il faut opter pour quelqu’un de bienveillant mais qui saura vous faire des critiques constructives et vous alerter si quelque chose ne fonctionne pas dans votre récit. Vous pouvez aussi choisir votre béta-lecteur en fonction de votre cible (si votre roman s’adresse aux ados, c’est intéressant d’avoir l’avis d’un ado) ou en fonction de son expertise (votre intrigue se déroule dans un hôpital, un ami médecin pourra vous dire si certains faits ne lui paraissent pas réalistes).
    • Faut-il toujours écouter ses béta-lecteurs ? Pas systématiquement, l’auteur doit savoir se faire confiance ! Mais si plusieurs béta-lecteurs vous font la même remarque, c’est intéressant d’en tenir compte, ils ont sûrement mis le doigt sur un problème. Si l’un d’eux vous interpelle sur un point avec lequel vous-même n’étiez déjà pas très à l’aise, là encore, ça vaut la peine d’y réfléchir.

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    Les corrections plus poussées sur la forme

    • Faites la chasse aux tics  : nous avons tous des petits tics d’écriture, des mots qu’on utilise un peu trop (souvent des adverbes), des expressions qui reviennent tout le temps… Et, malheureusement, nous sommes les plus mal placés pour les repérer. Il faut pourtant leur faire la chasse ! Vous pouvez demander à vos béta-lecteurs de vous aider pour cet exercice. Votre traitement de texte, grâce à son outil de recherche (ctrl+F ou cmd+F), vous aidera à mesurer la récurrence d’un mot ou d’une expression.
    • Savoir sacrifier « ses petits chéris » : (l’expression est de Stephen King) Parfois, on est super content d’une phrase, d’un trait d’humour ou d’un bout de scène, mais cet élément ne s’intègre pas très bien au reste ou casse le rythme de l’intrigue. Dans ce cas, on coupe ! Pas de pitié ! Vous pouvez garder votre petit chef d’œuvre dans un document annexe, vous trouverez peut-être un passage où il s’intégrera mieux ou bien il aura sa place dans un autre livre. Ce sacrifice peut aussi s’appliquer à un personnage.

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    Le film « Kill your darlings », sorti en 2016

    Les corrections sur le fond

    • La cohérence de l’intrigue et de l’univers : relisez votre manuscrit en entier en vérifiant qu’il n’y a pas d’incohérences. Est-ce que la temporalité est bonne ? Est-ce que certaines scènes ne se contredisent pas ? Faites attention aux détails : si l’action se déroule en hiver, sous la neige, un personnage ne va pas se retrouver en robe de plage sans une bonne raison… Si votre héros est isolé au fond d’une grotte, il est peu probable qu’il y découvre l’arsenal de Macgyver pour se fabriquer un missile sol-air.

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    • La psychologie des personnages : l’une des difficultés quand on écrit, c’est qu’on sait ce qu’il va advenir de nos personnages mais que cela ne doit pas transparaître dans leur comportement. Soyez vigilant pendant cette phase de correction à gommer les réactions qui anticipent la suite du récit. N’oubliez pas non plus que si vous, vous savez tout, vos personnages, eux, apprennent au fur et à mesure de l’intrigue : ils ne sont pas omniscients !

    Bonus : Si vous êtes anglophone, je vous conseille la lecture de la Crime school de Camilla Lackeberg, sur son site, qui donne de très bons conseils d’écriture pour construire une intrigue policière.

    N’hésitez pas à laisser vos questions, idées ou conseils en commentaire !

  • Comment savoir si son livre se vend ?

    Comment savoir si son livre se vend ?

    Les médecins et les auteurs partagent une même inquiétude, celle de l’électro-encéphalogramme plat. Pas très bon signe pour le patient, ça ne l’est guère plus pour la vie des personnages ! Mais comment savoir où en sont les ventes de son ouvrage ?

    Amazon prend la température

    Amazon fournit aux auteurs un outil de suivi appelé « plate-forme auteurs« . Cela permet de compléter les informations à propos de son/ses livres, de se créer un profil auteur public et de développer une conjonctivite à force de fixer la courbe du classement de son ouvrage. Car oui, le géant américain permet de suivre la progression de son livre quasiment en temps réel sous forme de graphique.

    Comme ses petits camarades GAFA*, Amazon reste assez flou sur le fonctionnement de son algorithme de classement. On se doute bien que les ventes ont un impact mais ce n’est pas le seul critère, entre aussi en ligne de compte les commentaires ou la récurrence des actions liées au livre. Vous avez donc intérêt à inciter vos lecteurs à laisser régulièrement un commentaire sur le site pour monter dans le baromètre…

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    Etre bien classé (top 100) permet aussi de rentrer dans un cercle vertueux car cela garantit d’être mis en avant sur Amazon et donc de vendre et donc de rester dans le haut du panier.

    Votre meilleur informateur : votre éditeur

    La vente en ligne n’éclipse heureusement pas encore les librairies et il est donc très intéressant de savoir comment se déroule la distribution et la vente de son livre. Votre éditeur pourra vous renseigner sur ce sujet.

    La plupart des maisons d’édition travaillent avec un distributeur (souvent Hachette) qui se charge de la mise en place dans les librairies. Ce chiffre est une donnée importante. Ce n’est pas parce qu’un livre est tiré à 5000 exemplaires que ces 5000 exemplaires se retrouvent en rayon. La mise en place en librairie dépend de l’intérêt que suscite l’ouvrage auprès des libraires. Ce chiffre représente donc un premier indicateur sur les perspectives de vente : si 1500 exemplaires sur 5000 sont placés, ce n’est pas très bon signe.

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    Le taux de retour et le réassort sont deux autres données clés. Est-ce que les libraires renvoient votre livre au distributeur ou est-ce qu’ils en recommandent ? Les libraires ont un délai pendant lequel ils conservent un livre commandé, au terme de ce délai, ils peuvent le renvoyer au distributeur ou à l’éditeur. C’est ce qui arrivent quand un livre ne se vend pas bien. Le libraire s’en sépare pour pouvoir assurer un roulement de nouveautés sans exploser sa capacité de stockage. A l’inverse, si le livre se vend comme des petits pains, il demandera un réassort. Il faut compter environ trois mois après parution pour commencer à voir se dessiner une tendance entre taux de retour et réassort.

    C’est aussi votre éditeur qui pourra vous donner les chiffres de vente. Les premiers mois constituent le nerf de la guerre car passé le cap des nouveautés, les livres quittent rapidement les rayons des librairies. Il faut dire qu’avec 700 000 titres disponibles au catalogue et 67 000 nouveautés par an (1), il est difficile de se faire une place sur les étagères françaises.

    * GAFA : Surnom des quatre géants du web : Google, Amazon, Facebook et Apple.
    1. source : ministère de la culture, les chiffres clés du livre 2016
  • Connaissez-vous le réseau sorcières ?

    Connaissez-vous le réseau sorcières ?

    Cette semaine, je discutais avec un copain libraire de mon livre quand d’un seul coup, il m’a demandé : « Tu connais le réseau sorcières, bien sûr ? » Tout un tas de pensées se sont bousculées dans ma tête à commencer par l’impression d’avoir subitement découvert le quai 9 3/4 ! Je me voyais déjà à Poudlard ! Il m’a donc fallu quelques secondes pour discipliner l’enfant en moi et arrêter de regarder mon interlocuteur avec des chatons roses à paillettes dans les yeux. Et j’ai enfin pu répondre : « Non ».

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    Si comme moi, vous n’êtes pas super au fait des us et coutumes des libraires, sachez que le réseau sorcières regroupe 54 librairies (si j’ai bien compté) indépendantes spécialisées dans la littérature jeunesse. Cette association de libraires édite aussi le magazine Citrouille Hebdo consacré à l’actualité jeunesse avec plein de conseils lectures, d’interviews et de dossiers.

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    France culture a consacré, en 2012, une émission à ces libraires passionnés :

    http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=59b3117e-fa79-11e1-a7b7-782bcb76618d

    Pour lire Citrouille Hebdo, c’est ici : cliquez et comme ce sont des sorcières modernes, elles sont aussi sur les réseaux sociaux. Vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas aller les rencontrer… Jetez un oeil sous leur comptoir, je suis sûr qu’elles y cachent quelques grimoires !

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  • Le papier fait de la résistance

    Le papier fait de la résistance

    C’est l’arlésienne du monde de l’édition, la menace fantôme du numérique sur l’empire du papier ! Chaque année, on nous prophétise la disparition des livres et journaux au profit d’une version numérique.

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    Une de mes activités professionnelles consiste à proposer des livres en service presse (SP) aux blogueurs en partenariat avec ma maison d’édition. Les SP ont un coût non négligeable (coût du livre + frais d’envoi), une version numérique serait donc très avantageuse dans ce cadre. Pourtant, ce n’est pas si facile à mettre en place.

    Les liseuses, un marché de niche ?

    Les blogueurs littéraires ont le profil idéal pour le marché de la liseuse ou de la tablette : ce sont de très gros lecteurs qui, en plus, sont à l’aise avec le monde numérique. Ils devraient donc tous être hyper équipés… sauf que non ! Sur la cinquantaine de blogueurs partenaires avec qui je travaille, une minorité lit en numérique.

    Le baromètre 2016 sur l’usage du livre numérique révèle que 20% des sondés lisent des ebooks et que 74% des personnes interrogées n’envisagent pas de s’y mettre. Un autre chiffre intéressant est que parmi les lecteurs numériques 33% achètent la version imprimée en plus de l’ebook.

    L’amour du papier

    Ce dernier chiffre me ramène à mon lien avec les blogueurs. Si je leur laisse le choix entre une version papier et une version numérique, ils choisiront quasiment à 100% le papier. L’explication est simple : ils aiment posséder l’objet livre, voir les effets de matière sur la couverture, toucher le papier. Pour eux, l’expérience de lecture est aussi une expérience visuelle et tactile. Lorsqu’on apprécie un livre, on aime l’avoir et le voir dans sa bibliothèque.

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    Deux autres chiffres du baromètre renforcent cette impression : 47% des lecteurs ne lisent qu’en partie un livre numérique et 25% de ceux qui téléchargent illégalement le font pour des titres qu’ils n’auraient pas achetés en version papier. Les livres numériques semblent donc être des titres qui sont plus consommés que conservés.

    Le retour du papier

    En France, la vente de livres numériques est assez stable, selon ce même baromètre. En revanche, aux Etats-Unis, on constate un replis de près de 9% en 2015 (-2,6% pour le marché du livre en général).

    Parallèlement, des initiatives intéressantes amènent le papier dans l’univers numérique comme le distributeur d’histoires courtes lancé par la start-up Grenobloise Short Edition. Le concept est simple : si votre café est équipé d’une borne, vous avez la possibilité de savourer votre boisson en compagnie d’un court récit. Vous choisissez la durée du texte et le distributeur vous imprime un texte aléatoirement choisi parmi les 40 000 présents dans la base de données. Vous pouvez déjà tester ces distributeurs à Grenoble, Bordeaux, Quimper ou Brest et… à San Francisco dans le restaurant de Francis Ford Coppola !

    Et vous, êtes vous plutôt papier ou ebook ?

  • Woody Allen et l’écriture

    Woody Allen et l’écriture

    J’ai lu ce week-end l’article que M, le magazine du Monde, a consacré à Woody Allen et son film Café Society. Dans ce portrait, il revient assez longuement sur son processus d’écriture et sa manière de travailler. Une vision très intéressante !

    « Très tôt, il m’est apparu que je pourrais écrire et réussir. A condition de tenir. C’est-à-dire de terminer ce qu’on a commencé. Ne jamais jeter l’éponge. Quand je travaillais pour la télévision, à la fin des années 50, l’aspect très concret du travail d’écriture m’a frappé. […] Le scénariste talentueux était celui qui restait immobile sur sa chaise. Les autres écrivains, sensibles aux distractions, aussi doués soient-ils disparaissaient ».

    Bien que Woody Allen, rejette l’idée de travail, lui préférant celle d’effort, je partage son point de vue sur le fait que l’écriture est avant tout une question de constance et de concentration, bien avant une question d’imagination. Certains parleront de souffrance. La plus grande difficulté que je ressens dans l’écriture est précisément celle de ne pas se disperser, d’aménager un temps d’écriture (ce n’est pas mon travail principal) et de ne pas fuir ce temps d’effort. Les distractions et tentations sont nombreuses. On a toujours plus urgent à faire. L’écriture doit devenir une priorité pour aboutir.

    « Avoir une bonne idée de départ me semble plus simple que de la mener à son terme. Blue Jasmine m’était venu ainsi d’une réflexion à la cantonade de mon épouse. »

    Un de mes amis est très tenté à l’idée d’écrire mais dès que nous en discutons, il balaie le projet en me rétorquant : « je n’ai aucune imagination ». C’est vrai qu’il faut être un minimum créatif pour écrire mais selon moi l’imagination n’émerge pas du néant. Elle découle en grande partie de notre environnement : d’un reportage à la télévision, d’un article, d’un roman, d’une phrase attrapée au vol dans la rue, d’une conversation avec des amis. Tout ça constitue une multitude de graines semées dans le jardin de l’imaginaire. Certaines poussent et d’autres non.

    Il y a quelques mois, j’ai interviewé Simon Léturgie, auteur de BD, pour un dossier sur le Comic Strip. Je l’ai interrogé sur son processus créatif et ses astuces pour trouver des chutes pour ses strips. Il m’a donné cette mind map.

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    Parmi toutes ces pistes créatives, j’aime beaucoup la technique du « what if ? », elle permet de partir d’une situation banale pour glisser vers une histoire et construire une ligne narrative.

    Légende photo : Woody Allen lors du tournage de Café Society avec Kristen Stewart et Jesse Eisenberg. Gravier Productions Inc. / Sabrina Lantos
  • Comment être publié ?

    Comment être publié ?

    Comment être publié ? Je travaille dans le monde de l’édition et c’est une question à laquelle je réponds souvent sur les réseaux sociaux de mon entreprise. J’ai la chance de connaître l’envers du décor et de pouvoir échanger régulièrement avec des éditeurs. S’il n’y a pas de formule magique pour  être édité, il y a quand même des astuces et une procédure à suivre. Voici quelques remarques et conseils.

    L’édition est un business

    Une maison d’édition ne publie pas des livres par charité mais pour générer des revenus qui lui permettent de faire des profits, de payer ses salariés et de publier de nouveaux livres. C’est une entreprise. En choisissant de publier un livre, elle fait le pari que cet ouvrage sera rentable ou a minima ne fera pas de perte. Votre livre doit être un minimum bankable…

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    Une maison d’édition a une ligne éditoriale

    Avant d’expédier un manuscrit, il faut d’abord se demander à qui l’envoyer. C’est exactement comme pour une recherche d’emploi, ce ne serait pas pertinent de donner un CV de boulanger à un boucher. Il faut donc prendre le temps de chercher (peut-être dès la phase d’écriture) quelles maisons d’édition seraient susceptibles d’être intéressées ? Dans quelle collection votre ouvrage pourra-t-il s’intégrer ? Quelle tranche d’âge va-t-il toucher ? N’hésitez pas à aller en librairie et à bien regarder par qui ont été publiés les titres qui s’apparentent à votre roman. Vous trouverez aussi des informations précieuses sur les sites web des maisons d’édition : elles indiquent souvent le type de texte qu’elles recherchent et les genres qui ne les intéressent pas.

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    Comment présenter son manuscrit ?

    Les règles peuvent différer d’une maison d’édition à l’autre, regardez sur leurs sites si elles ont des attentes particulières avant d’envoyer. Cependant, la plupart demandent à peu près la même chose :

    1. Un manuscrit dactylographié avec un découpage en chapitres
    2. Un manuscrit complet (certaines maisons ne demandent que le début ou un extrait), imprimé et agrafé. Attention, ils ne ne sont quasiment jamais rendus !
    3. Un résumé complet de l’intrigue dévoilant la fin
    4. Une présentation de l’auteur

    Je vous conseille d’ajouter à votre présentation d’auteur tout élément marketing qui pourrait peser dans la balance ( exemple : vous avez une chaîne Youtube avec 300 000 followers. Bon, ok, là c’est du gâteau ! ).

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    Soyez patient !

    Ça y est ! Vous avez envoyé votre manuscrit. Passés les premiers jours d’excitation, l’inquiétude grandit. Vous aimeriez savoir à quoi vous en tenir. Les semaines se succèdent et toujours aucun appel, aucun mail, aucun courrier. C’est normal ! Les maisons d’édition reçoivent des milliers de manuscrits par an. Il faut compter entre trois et huit mois pour avoir une réponse. Surtout, ne harcelez pas les éditeurs d’appels ou d’emails, c’est la meilleure stratégie pour être blacklisté !

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    C’est oui ou non, alors ?

    • OUI – Vous avez décroché le Saint Graal ! Un éditeur est intéressé. Félicitations ! Vous allez bientôt recevoir un contrat (je reviendrai sur les droits d’auteur dans un prochain billet). Mais le travail n’est pas fini ! Il va falloir maintenant corriger votre roman en fonction des remarques de votre éditeur. Et l’édition, c’est un business ! On peut vous demander de couper pour s’adapter à un nombre de pages précis (coût de fabrication), de changer le nom de votre personnage pour rendre le roman plus attractif (marketing), etc. Beaucoup de personnes l’ignorent mais c’est votre éditeur qui choisira la couverture et le titre. Rassurez-vous, on vous demandera  quand même votre avis !

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    • NON – On vous a dit non ou vous n’avez pas eu de réponse dans un délai de 3 à 8 mois. Ne baissez pas les bras ! Vous pouvez essayer de demander à l’éditeur quelles sont les raisons de son refus. Ça peut s’avérer dur à entendre mais c’est aussi la meilleure façon de progresser. Sachez toutefois que les explications sont assez rares car les éditeurs n’ont malheureusement pas le temps d’en donner pour chaque manuscrit reçu. Faute de commentaire d’un éditeur, demandez à votre entourage de vous donner un avis sincère. Si une remarque revient plusieurs fois, elle est probablement pertinente.

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    Quelques liens vers les sites de maisons d’édition « Jeunesse / YA » et leurs critères :