Catégorie : Secret d’écriture

  • Auteur jeunesse et vrai auteur ?

    Auteur jeunesse et vrai auteur ?

    Je suis auteur jeunesse, paraît-il. Parce que j’ai écrit deux livres qui s’adressent en priorité aux mineurs. J’ai tendance à me considérer comme auteur-tout-court, (sans doute ma tendance à m’agacer des étiquettes). Ce qui est amusant, c’est que ce label d’auteur jeunesse (ou de journaliste jeunesse, comme j’ai longtemps cumulé les deux casquettes) suscite parfois des questionnements étranges… Petit florilège !

    « Tu écris pour les enfants parce que t’es jeune, c’est ça ? C’est un sujet que tu maîtrises, du coup. Plus tard tu écriras pour les adultes ? » (ou sa variante : « comment ça se passe auteur ? On écrit d’abord pour les enfants et quand on est confirmé pour les adultes ?)

    What ? J’ai 34 ans, en fait ! Pas vraiment 12-15 ans comme mes personnages ou mon lectorat donc, non, je n’écris pas pour mes pairs. Si je raconte des histoires qui parlent d’adolescents, c’est tout simplement parce que je trouve que c’est une période de la vie très intéressante, riche en rebondissements, en changements et en questionnements. J’aime aussi m’adresser aux pré-adolescents et adolescents, sûrement parce que j’ai travaillé longtemps à leur contact et que j’ai l’impression de plutôt bien les connaître et les comprendre (avec du recul, pas parce que j’ai oublié de grandir ^^).

    « Quand vas-tu écrire un vrai roman ? »

    C’est le moment de passer aux aveux : oui, jusqu’ici j’ai écrit des faux romans. Parce qu’en fait, les romans pour la jeunesse, ça ne compte pas comme des vrais romans. Les vrais romans, ce sont ceux écrits pour les adultes. On aborde ici un des plus gros clichés sur la littérature jeunesse qui veut que celle-ci ne soit pas de la vraie littérature (c’est pour ça que les adultes adorent Harry Potter et se goinfrent de YA). Elle serait, par définition, mal écrite, avec un langage pauvre (comme les enfants sont bêtes, n’est-ce pas) et forcément rédigée avec un objectif pédagogique… Alors, pour ma part, je crois qu’on peut utiliser un vocabulaire riche pour s’adresser aux enfants, qu’ils sont tout à fait capable de le comprendre et de l’assimiler. Je ne poursuis pas d’objectif pédagogique ou moral si ce n’est l’espoir secret de donner le goût de la lecture (quelle plus belle récompense pour un auteur ?).

    Dans le même esprit : on lit souvent dans la presse ce type de présentation : « Après avoir écrit plusieurs livres pour la jeunesse, elle/il publie son premier roman » (sous-entendu adulte, avant ça compte pour du beurre).

    « T’es tranquille chez toi à écrire quand tu veux et ça paie bien, non ?

    Grave ! Je vous laisse faire le calcul : 6% de droits d’auteur (pour la littérature adulte, on est à 10% mais pour la littérature jeunesse, on paie moins, normal !) sur un livre à 6,70 € (1). Pas de quoi me payer la bibliothèque de Poudlard avec ça 🙂 Donc, comme la plupart des auteurs jeunesse, j’ai un métier qui me permet de vivre et je suis auteur « en plus ». Une enquête interrégionale (2) révèle même que 20% des auteurs vivent sous le seuil de pauvreté.

    (1) : Pour les flemmards : la réponse était 40 centimes par livre.

    (2) : Les revenus connexes des auteurs du livre, données 2013-2014 d’Emmanuel Négrier CEPEL – CNRS – Université de Montpelier

     

  • Comment corriger son manuscrit avant de l’envoyer à un éditeur ?

    Comment corriger son manuscrit avant de l’envoyer à un éditeur ?

    Vous venez de mettre le point final à votre roman après des mois de travail. Avant d’envoyer votre manuscrit à un éditeur, il vous reste une dernière étape : les corrections ! Voici quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté pour être publié.

    Les bases de la mise en page et de la correction

    La présentation

    Votre manuscrit doit être agréable et facile à lire :

    • Faites des sauts de page entre les chapitres et les différentes parties
    • Choisissez une police bien lisible (pas de fantaisie 😉 )
    • Utilisez un interlignage double
    • Numérotez les pages
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    Laissez cette typo aux médecins 😉

    Les premiers éléments de correction

    • Utilisez un correcteur d’orthographe et de grammaire : il en existe plusieurs qui sont performants. Les professionnels de l’édition utilisent souvent Prolexis mais l’addition est salée : comptez 300 euros pour le seul correcteur français. Pour ma part, j’utilise Le Robert correcteur (99 euros et parfois en promo). C’est un investissement, certes, mais un outil très utile notamment grâce à son dictionnaire des synonymes et des contraires intégré. Et l’équipe du Robert correcteur répond aux mails clients dans la journée (j’ai testé), en cas de problème, ce qui est un bon point !
    • Lisez votre texte à haute voix : vous allez voir, c’est stupéfiant ! On repère beaucoup plus facilement les répétitions et les tournures un peu lourdes. Je vous conseille d’ailleurs de prendre cette habitude en cours d’écriture.
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    N’écoutez pas Nick, il n’a écrit qu’un demi-roman XD

    Faites lire votre manuscrit à des amis / béta-lecteurs

    • Bien choisir son béta-lecteur : la première condition, c’est évidemment que cette personne en ait envie. Il faut opter pour quelqu’un de bienveillant mais qui saura vous faire des critiques constructives et vous alerter si quelque chose ne fonctionne pas dans votre récit. Vous pouvez aussi choisir votre béta-lecteur en fonction de votre cible (si votre roman s’adresse aux ados, c’est intéressant d’avoir l’avis d’un ado) ou en fonction de son expertise (votre intrigue se déroule dans un hôpital, un ami médecin pourra vous dire si certains faits ne lui paraissent pas réalistes).
    • Faut-il toujours écouter ses béta-lecteurs ? Pas systématiquement, l’auteur doit savoir se faire confiance ! Mais si plusieurs béta-lecteurs vous font la même remarque, c’est intéressant d’en tenir compte, ils ont sûrement mis le doigt sur un problème. Si l’un d’eux vous interpelle sur un point avec lequel vous-même n’étiez déjà pas très à l’aise, là encore, ça vaut la peine d’y réfléchir.

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    Les corrections plus poussées sur la forme

    • Faites la chasse aux tics  : nous avons tous des petits tics d’écriture, des mots qu’on utilise un peu trop (souvent des adverbes), des expressions qui reviennent tout le temps… Et, malheureusement, nous sommes les plus mal placés pour les repérer. Il faut pourtant leur faire la chasse ! Vous pouvez demander à vos béta-lecteurs de vous aider pour cet exercice. Votre traitement de texte, grâce à son outil de recherche (ctrl+F ou cmd+F), vous aidera à mesurer la récurrence d’un mot ou d’une expression.
    • Savoir sacrifier « ses petits chéris » : (l’expression est de Stephen King) Parfois, on est super content d’une phrase, d’un trait d’humour ou d’un bout de scène, mais cet élément ne s’intègre pas très bien au reste ou casse le rythme de l’intrigue. Dans ce cas, on coupe ! Pas de pitié ! Vous pouvez garder votre petit chef d’œuvre dans un document annexe, vous trouverez peut-être un passage où il s’intégrera mieux ou bien il aura sa place dans un autre livre. Ce sacrifice peut aussi s’appliquer à un personnage.
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    Le film « Kill your darlings », sorti en 2016

    Les corrections sur le fond

    • La cohérence de l’intrigue et de l’univers : relisez votre manuscrit en entier en vérifiant qu’il n’y a pas d’incohérences. Est-ce que la temporalité est bonne ? Est-ce que certaines scènes ne se contredisent pas ? Faites attention aux détails : si l’action se déroule en hiver, sous la neige, un personnage ne va pas se retrouver en robe de plage sans une bonne raison… Si votre héros est isolé au fond d’une grotte, il est peu probable qu’il y découvre l’arsenal de Macgyver pour se fabriquer un missile sol-air.

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    • La psychologie des personnages : l’une des difficultés quand on écrit, c’est qu’on sait ce qu’il va advenir de nos personnages mais que cela ne doit pas transparaître dans leur comportement. Soyez vigilant pendant cette phase de correction à gommer les réactions qui anticipent la suite du récit. N’oubliez pas non plus que si vous, vous savez tout, vos personnages, eux, apprennent au fur et à mesure de l’intrigue : ils ne sont pas omniscients !

    Bonus : Si vous êtes anglophone, je vous conseille la lecture de la Crime school de Camilla Lackeberg, sur son site, qui donne de très bons conseils d’écriture pour construire une intrigue policière.

    N’hésitez pas à laisser vos questions, idées ou conseils en commentaire !

  • Mes bonnes résolutions d’auteur pour 2017

    Mes bonnes résolutions d’auteur pour 2017

    Quoi de mieux qu’une liste de bonnes résolutions qu’on ne tiendra pas pour commencer l’année ? Voici mes 10 bonnes résolutions pour 2017 :

    1 – Ecrire au lieu de chercher ce que je pourrais bien faire d’autre comme… une liste de bonnes résolutions

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    2 – Coller un post-it sur le coin gauche du plafond : « l’inspiration n’est pas ici »

    3 – Tenir mon planning d’écriture

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    4 – Arrêter d’écouter mes personnages qui ne veulent jamais faire ce que j’avais prévu… à moins que ce soit eux qui aient raison ?

    5 – Demander à un psychologue si la bonne résolution 4 ne dénote pas une certaine schizophrénie

    6 – Expliquer au chat qu’il ne peut pas planter ses griffes dans ma jambe pendant que j’essaie d’écrire même s’il est le centre du monde

    7 – Expliquer au chat qu’il ne peut pas se rouler sur le clavier et effacer des paragraphes ou faire des lignes de ggggggggggggggggggg…..

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    8 – Ne plus googler le nom de mes personnages en pensant trouver leur photo

    9 – Ecrire, écrire, écrire, écrire, écrire, écrire, écrire, écrire, écrire….

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    10 – Que la force soit avec moi ou trouver un anneau elfique… ou une baguette ? Non ?

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  • Que c’est long d’écrire !

    Que c’est long d’écrire !

    Si j’écris peu ici (toutes mes excuses), c’est parce que j’écris beaucoup ailleurs, en ce moment !  Je suis en train de préparer mon prochain roman qui devrait être publié au mois de juin 2017 dans une nouvelle maison d’édition (je vous en dirai plus en février). Pour l’instant, il s’appelle ADN-Vampire.

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    Ce brave Hank Moody a sans doute raison, le monde n’a pas besoin d’une nouvelle histoire de vampires mais moi j’aime bien ça les histoires de vampires et ça m’éclate d’en écrire une 😉

    Si tout va bien, ce sera un triptyque. Chaque tome sera centré sur un héros différent mais il y aura des passerelles entre les trois livres et les trois héros se rencontreront.

    Ce seront des romans ados donc un peu plus haut en tranche d’âge qu’Hanako. Et que vous dire de plus sans trop en dévoiler ? Le premier tome se déroulera en Écosse et l’héroïne s’appelle Carmine.

    Voici un premier extrait :

    « Un autre inconvénient majeur de ce déménagement était la lubie de ses parents de ne pas commander de sang synthétisé, comme à New York, mais d’élever du bétail pour s’assurer d’avoir assez de nourriture. Carmine trouvait ça hallucinant que les stocks ne soient pas suffisants pour tout le monde alors qu’ils étaient en plein territoire pro-hum. Déjà qu’elle mourrait d’envie de goûter un humain quand elle était à New-York… Leur nouveau régime au sang de mouton la répugnait. Le goût n’avait rien à voir avec le sang de synthèse, il sentait fort, comme une viande faisandée et laissait une amertume en bouche. Elle aurait vendu ses crocs pour une poche d’A+. Comment les vampires pouvaient-ils avoir une telle avance technologique sur les humains et laisser des zones entières sans Bloodmarket… ni 4G ! »

  • Du rêve à la réalité !

    Du rêve à la réalité !

    On vient de sonner à ma porte. Un livreur de La Poste m’annonce qu’il a un colis à mon nom. Comme mon anniversaire était il y a quelques jours, je m’attends à un paquet pour cette occasion. J’enfile une paire de ballerine et je dévale l’escalier.

    Devant, la porte, le livreur m’attend avec un très gros colis sur lequel je lis « Hachette ». Je les connais bien ces colis Hachette parce qu’on les reçoit aux Editions Milan quand on a des envois de livres à faire aux blogueurs. J’ai donc tout de suite compris ce qu’il contenait : mes exemplaires d’Hanako !

    L’heure est venue de rencontrer mon livre en vrai ! Je vous invite à l’ouverture.

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    Je ne sais pas ce que vous en pensez mais moi je l’aime bien ce carton manga ! Je me dis que la coïncidence est amusante comme Hanako parle de la culture japonaise.

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    J’ai arraché un coin du carton et mon intuition était la bonne ! Ce sont bien les exemplaires d’Hanako ! « Inspire… expire… inspire… expire ». Waow, c’est très étrange de voir le livre en vrai. MON livre en vrai. Mon livre. Je peux toucher mon livre. Le feuilleter. Je le respire, j’aime bien l’odeur du papier neuf.

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    Je commence à comprendre que j’ai écrit un livre et qu’il est publié pour de vrai.

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  • Le bon endroit pour écrire

    Le bon endroit pour écrire

    On a souvent une image romantique (et un peu clichée) des auteurs : installés à la table d’un bistrot, un carnet rempli de notes crayonnées et raturées, le stylo plume aux lèvres et le regard perdu dans l’infini du ciel. Pourtant la réalité est souvent plus prosaïque et technologique : un bureau et un clavier !

    Dans mon cas, je suis bien incapable de me concentrer avec des gens qui discutent autour et j’écris donc chez moi sur la table à manger. Je n’ai jamais réussi à travailler dans un bureau. Quand j’étais ado, je faisais toujours mes devoirs sur un coin de la table de la cuisine, ça n’a pas changé en grandissant ! J’écris directement sur mon ordinateur (retaper tout un manuscrit me semble être l’enfer). Côté accessoires, j’ai en général une tasse de thé et mon diabolique félin qui adore se rouler sur mon clavier.

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    Le félin diabolique

    Certains auteurs sont plus à l’aise pour écrire dans les lieux publics. J’ai eu l’occasion d’interviewer Nancy Holder, auteur américaine de livres inspirés de séries TV (Buffy, Sabrina l’apprentie sorcière, Smallville, …). Pour elle, le meilleur endroit pour écrire est Disneyland : « C’est sur ma route pour Los Angeles où je vais régulièrement pour le travail. Souvent quand je rentre, je m’arrête à Disneyland pour travailler. J’ai une place spéciale où je m’installe pour écrire et je sais exactement où est le spot de Wi-fi gratuit ! »

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    Nancy Holder

    Amy Plum, auteur américaine installée à Paris, alterne entre extérieur et intérieur : « j’aime écrire dans mon lit. Mais si je passe trop de temps à la maison sans bouger, je deviens un peu folle. Du coup, j’alterne avec des séances d’écriture à la bibliothèque historique de la Ville de Paris. C’est à seulement sept minutes à pied de chez moi et il y a de grandes tables rondes en acajou avec des prises pour les ordinateurs portables. »

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    Amy Plum (bien) accompagnée des acteurs de la série Vampire Diairies

    Qu’en est-il des grands auteurs classiques ?

    Victor Hugo, lui, aimait écrire debout et s’était fait construire un pupitre à cet effet.

    Madame Bovary ou Salammbô sont deux romans nés dans le lit de Gustave Flaubert. Ces textes sont aussi passés à l’épreuve de ce que l’auteur appelait « le gueuloir » : « Je vois assez régulièrement se lever l’aurore (comme présentement), car je pousse ma besogne fort avant dans la nuit, les fenêtres ouvertes, en manches de chemise et gueulant, dans le silence du cabinet, comme un énergumène ! » (Lettre à Madame Brenne, 8 juillet 1876.)

  • Woody Allen et l’écriture

    Woody Allen et l’écriture

    J’ai lu ce week-end l’article que M, le magazine du Monde, a consacré à Woody Allen et son film Café Society. Dans ce portrait, il revient assez longuement sur son processus d’écriture et sa manière de travailler. Une vision très intéressante !

    « Très tôt, il m’est apparu que je pourrais écrire et réussir. A condition de tenir. C’est-à-dire de terminer ce qu’on a commencé. Ne jamais jeter l’éponge. Quand je travaillais pour la télévision, à la fin des années 50, l’aspect très concret du travail d’écriture m’a frappé. […] Le scénariste talentueux était celui qui restait immobile sur sa chaise. Les autres écrivains, sensibles aux distractions, aussi doués soient-ils disparaissaient ».

    Bien que Woody Allen, rejette l’idée de travail, lui préférant celle d’effort, je partage son point de vue sur le fait que l’écriture est avant tout une question de constance et de concentration, bien avant une question d’imagination. Certains parleront de souffrance. La plus grande difficulté que je ressens dans l’écriture est précisément celle de ne pas se disperser, d’aménager un temps d’écriture (ce n’est pas mon travail principal) et de ne pas fuir ce temps d’effort. Les distractions et tentations sont nombreuses. On a toujours plus urgent à faire. L’écriture doit devenir une priorité pour aboutir.

    « Avoir une bonne idée de départ me semble plus simple que de la mener à son terme. Blue Jasmine m’était venu ainsi d’une réflexion à la cantonade de mon épouse. »

    Un de mes amis est très tenté à l’idée d’écrire mais dès que nous en discutons, il balaie le projet en me rétorquant : « je n’ai aucune imagination ». C’est vrai qu’il faut être un minimum créatif pour écrire mais selon moi l’imagination n’émerge pas du néant. Elle découle en grande partie de notre environnement : d’un reportage à la télévision, d’un article, d’un roman, d’une phrase attrapée au vol dans la rue, d’une conversation avec des amis. Tout ça constitue une multitude de graines semées dans le jardin de l’imaginaire. Certaines poussent et d’autres non.

    Il y a quelques mois, j’ai interviewé Simon Léturgie, auteur de BD, pour un dossier sur le Comic Strip. Je l’ai interrogé sur son processus créatif et ses astuces pour trouver des chutes pour ses strips. Il m’a donné cette mind map.

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    Parmi toutes ces pistes créatives, j’aime beaucoup la technique du « what if ? », elle permet de partir d’une situation banale pour glisser vers une histoire et construire une ligne narrative.

    Légende photo : Woody Allen lors du tournage de Café Society avec Kristen Stewart et Jesse Eisenberg. Gravier Productions Inc. / Sabrina Lantos
  • Mon plan de bataille pour écrire un roman

    Mon plan de bataille pour écrire un roman

    Dans ce billet, je n’ai pas la prétention de vous dire comment écrire un roman, une partie de moi s’étonne toujours de l’avoir fait ! Je vais vous raconter comment ça c’est passé pour moi.

    Ecrire pour informer vs écrire un roman

    J’ai l’habitude d’écrire puisque je suis journaliste mais écrire pour informer ou écrire un roman, ça n’a rien à voir. J’ai toujours considéré que mon métier consistait avant tout à transmettre le plus clairement possible une information à mes lecteurs et non à faire des effets de style. Evidemment, si en plus les phrases sont bien tournées, ça ne gâche rien. Comme le disait Nicolas Boileau : « ce que l’on conçoit bien, s’énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément ».

    En m’attaquant au style romanesque, une petite voix dans ma tête me répétait que, là, il allait falloir assurer question style. Rien de tel pour ne pas arriver à écrire et se mettre une pression d’enfer. Ça m’a demandé du temps pour admettre qu’on avait le droit d’écrire sans être Proust ou Victor Hugo. J’en ai pris conscience en tant que lectrice, en m’apercevant que beaucoup de romans que j’apprécie ont une écriture simple au service d’une histoire efficace et dynamique.

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     Comment tenir sur la longueur ?

    J’ai un esprit synthétique, si c’est souvent un avantage dans la presse, je partais sans doute avec un handicap pour écrire un roman. La masse de travail me paraissait énorme. J’avais l’impression de m’aventurer en forêt sans carte ni boussole : aucune chance de ne pas me perdre en chemin !

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    C’est d’ailleurs ce qui s’était passé pour mes tentatives d’écriture précédentes. Passé l’enthousiasme du début, je ne savais plus trop dans quelle direction aller et je finissais par abandonner. Pour Hanako, fille du Soleil levant, j’ai fait un plan. Le voilà (attention spoilers ! Oui, j’écris comme un cochon ^^) :

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    Mon plan prévoyait la fin et toutes les grandes lignes de l’intrigue. Comme pour une pièce de théâtre, j’avais aussi planifié les lieux de l’action.

    Ensuite, je me suis conditionnée pour ne plus voir l’ensemble du travail et ne me focaliser que sur chaque étape. Je suis capable d’écrire un article par jour, j’étais donc a priori apte à rédiger une petite partie de roman quotidiennement.

    Au final, je n’ai pas suivi mon plan à la lettre. Il faut garder de la souplesse et (non je ne suis pas schizophrène) écouter ses personnages. Ça laisse certaines personnes perplexes quand je dis ça mais parfois on a prévu que les personnages fassent quelque chose et ils ne sont pas d’accord. Ce qu’on avait prévu, en tant qu’auteur, ne colle pas avec la personnalité du héros ou l’état d’esprit dans lequel on l’a amené. En termes plus rationnels, il faut rester cohérent.

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    Ce qui m’a aidée aussi, c’est de faire lire mon roman en feuilleton à mon entourage. Je leur suis reconnaissante de leur enthousiasme et de leurs encouragements, c’est très motivant de se sentir soutenue ! Merci 😉

     

     

  • Comment être publié ?

    Comment être publié ?

    Comment être publié ? Je travaille dans le monde de l’édition et c’est une question à laquelle je réponds souvent sur les réseaux sociaux de mon entreprise. J’ai la chance de connaître l’envers du décor et de pouvoir échanger régulièrement avec des éditeurs. S’il n’y a pas de formule magique pour  être édité, il y a quand même des astuces et une procédure à suivre. Voici quelques remarques et conseils.

    L’édition est un business

    Une maison d’édition ne publie pas des livres par charité mais pour générer des revenus qui lui permettent de faire des profits, de payer ses salariés et de publier de nouveaux livres. C’est une entreprise. En choisissant de publier un livre, elle fait le pari que cet ouvrage sera rentable ou a minima ne fera pas de perte. Votre livre doit être un minimum bankable…

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    Une maison d’édition a une ligne éditoriale

    Avant d’expédier un manuscrit, il faut d’abord se demander à qui l’envoyer. C’est exactement comme pour une recherche d’emploi, ce ne serait pas pertinent de donner un CV de boulanger à un boucher. Il faut donc prendre le temps de chercher (peut-être dès la phase d’écriture) quelles maisons d’édition seraient susceptibles d’être intéressées ? Dans quelle collection votre ouvrage pourra-t-il s’intégrer ? Quelle tranche d’âge va-t-il toucher ? N’hésitez pas à aller en librairie et à bien regarder par qui ont été publiés les titres qui s’apparentent à votre roman. Vous trouverez aussi des informations précieuses sur les sites web des maisons d’édition : elles indiquent souvent le type de texte qu’elles recherchent et les genres qui ne les intéressent pas.

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    Comment présenter son manuscrit ?

    Les règles peuvent différer d’une maison d’édition à l’autre, regardez sur leurs sites si elles ont des attentes particulières avant d’envoyer. Cependant, la plupart demandent à peu près la même chose :

    1. Un manuscrit dactylographié avec un découpage en chapitres
    2. Un manuscrit complet (certaines maisons ne demandent que le début ou un extrait), imprimé et agrafé. Attention, ils ne ne sont quasiment jamais rendus !
    3. Un résumé complet de l’intrigue dévoilant la fin
    4. Une présentation de l’auteur

    Je vous conseille d’ajouter à votre présentation d’auteur tout élément marketing qui pourrait peser dans la balance ( exemple : vous avez une chaîne Youtube avec 300 000 followers. Bon, ok, là c’est du gâteau ! ).

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    Soyez patient !

    Ça y est ! Vous avez envoyé votre manuscrit. Passés les premiers jours d’excitation, l’inquiétude grandit. Vous aimeriez savoir à quoi vous en tenir. Les semaines se succèdent et toujours aucun appel, aucun mail, aucun courrier. C’est normal ! Les maisons d’édition reçoivent des milliers de manuscrits par an. Il faut compter entre trois et huit mois pour avoir une réponse. Surtout, ne harcelez pas les éditeurs d’appels ou d’emails, c’est la meilleure stratégie pour être blacklisté !

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    C’est oui ou non, alors ?

    • OUI – Vous avez décroché le Saint Graal ! Un éditeur est intéressé. Félicitations ! Vous allez bientôt recevoir un contrat (je reviendrai sur les droits d’auteur dans un prochain billet). Mais le travail n’est pas fini ! Il va falloir maintenant corriger votre roman en fonction des remarques de votre éditeur. Et l’édition, c’est un business ! On peut vous demander de couper pour s’adapter à un nombre de pages précis (coût de fabrication), de changer le nom de votre personnage pour rendre le roman plus attractif (marketing), etc. Beaucoup de personnes l’ignorent mais c’est votre éditeur qui choisira la couverture et le titre. Rassurez-vous, on vous demandera  quand même votre avis !

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    • NON – On vous a dit non ou vous n’avez pas eu de réponse dans un délai de 3 à 8 mois. Ne baissez pas les bras ! Vous pouvez essayer de demander à l’éditeur quelles sont les raisons de son refus. Ça peut s’avérer dur à entendre mais c’est aussi la meilleure façon de progresser. Sachez toutefois que les explications sont assez rares car les éditeurs n’ont malheureusement pas le temps d’en donner pour chaque manuscrit reçu. Faute de commentaire d’un éditeur, demandez à votre entourage de vous donner un avis sincère. Si une remarque revient plusieurs fois, elle est probablement pertinente.

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    Quelques liens vers les sites de maisons d’édition « Jeunesse / YA » et leurs critères :

  • Erika ou Hanako ?

    Erika ou Hanako ?

    Comment choisir le nom de ses personnages ?

    Toute personne qui se lance dans l’écriture est confrontée à cette importante question. En en discutant avec d’autres auteurs, je me suis aperçue que ces noms étaient rarement sélectionnés au hasard. Certains auteurs les choisissent pour le sens qu’ils ont ou parce que ces prénoms sont liés à leur propre histoire (prénom porté par un proche ou au contraire par une personne détestée).

    Flaubert écrivait joliment à ce propos :

    « Un nom propre est une chose extrêmement importante dans un roman, une chose capitale. On ne peut pas plus changer un personnage de nom que de peau. »

    Lorsque j’ai commencé à écrire Hanako, fille du soleil levant, l’héroïne s’appelait Erika. C’est le tout premier nom que j’ai choisi pour ce roman. Il s’est imposé à moi comme une évidence puisque j’avais rencontré une Erika quand j’étais lycéenne. Elle était venue du Japon pour passer quelques mois en France et j’avais été frappée par la poésie de son prénom qui signifie « fleur de bruyère ». Cette anecdote m’est tout de suite revenue et ce prénom collait parfaitement à mon héroïne, apprentie en Ikebana. Je voulais aussi que mon héroïne ait un prénom mixte franco-japonais. Erika remplissait tous mes critères !

    La réalité du monde de l’édition

    Quelle déception quand mon éditrice m’a dit qu’Erika ne faisait pas assez japonais ! Sans compter que mon entourage a tout de suite abondé en son sens. C’est dur de rebaptiser son héroïne mais je savais au fond de moi que mon éditrice avait vu juste. Je me suis donc remise en quête du prénom idéal, toujours avec l’objectif d’un prénom mixte franco-japonais. Voici ma présélection :

    • Amaya : nuit de pluie
    • Asami : beauté du matin
    • Hisaé : longue vie
    • Hanaé
    • Hanako : enfant – fleur
    • Hanayo : Fleur du monde
    • Mariko : enfant de la vérité
    • Kimiko : enfant noble

    J’ai fini par opter pour Hanako afin de garder le côté floral qui est cohérent avec un des thèmes du roman et aussi parce qu’on peut le raccourcir en Hana qui fait plus français. Ça m’a également permis d’ajouter une nuance d’écriture : les amis d’Hanako l’appellent très souvent Hana alors que les adultes la désignent par son prénom entier.