C’est l’arlésienne du monde de l’édition, la menace fantôme du numérique sur l’empire du papier ! Chaque année, on nous prophétise la disparition des livres et journaux au profit d’une version numérique.

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Une de mes activités professionnelles consiste à proposer des livres en service presse (SP) aux blogueurs en partenariat avec ma maison d’édition. Les SP ont un coût non négligeable (coût du livre + frais d’envoi), une version numérique serait donc très avantageuse dans ce cadre. Pourtant, ce n’est pas si facile à mettre en place.

Les liseuses, un marché de niche ?

Les blogueurs littéraires ont le profil idéal pour le marché de la liseuse ou de la tablette : ce sont de très gros lecteurs qui, en plus, sont à l’aise avec le monde numérique. Ils devraient donc tous être hyper équipés… sauf que non ! Sur la cinquantaine de blogueurs partenaires avec qui je travaille, une minorité lit en numérique.

Le baromètre 2016 sur l’usage du livre numérique révèle que 20% des sondés lisent des ebooks et que 74% des personnes interrogées n’envisagent pas de s’y mettre. Un autre chiffre intéressant est que parmi les lecteurs numériques 33% achètent la version imprimée en plus de l’ebook.

L’amour du papier

Ce dernier chiffre me ramène à mon lien avec les blogueurs. Si je leur laisse le choix entre une version papier et une version numérique, ils choisiront quasiment à 100% le papier. L’explication est simple : ils aiment posséder l’objet livre, voir les effets de matière sur la couverture, toucher le papier. Pour eux, l’expérience de lecture est aussi une expérience visuelle et tactile. Lorsqu’on apprécie un livre, on aime l’avoir et le voir dans sa bibliothèque.

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Deux autres chiffres du baromètre renforcent cette impression : 47% des lecteurs ne lisent qu’en partie un livre numérique et 25% de ceux qui téléchargent illégalement le font pour des titres qu’ils n’auraient pas achetés en version papier. Les livres numériques semblent donc être des titres qui sont plus consommés que conservés.

Le retour du papier

En France, la vente de livres numériques est assez stable, selon ce même baromètre. En revanche, aux Etats-Unis, on constate un replis de près de 9% en 2015 (-2,6% pour le marché du livre en général).

Parallèlement, des initiatives intéressantes amènent le papier dans l’univers numérique comme le distributeur d’histoires courtes lancé par la start-up Grenobloise Short Edition. Le concept est simple : si votre café est équipé d’une borne, vous avez la possibilité de savourer votre boisson en compagnie d’un court récit. Vous choisissez la durée du texte et le distributeur vous imprime un texte aléatoirement choisi parmi les 40 000 présents dans la base de données. Vous pouvez déjà tester ces distributeurs à Grenoble, Bordeaux, Quimper ou Brest et… à San Francisco dans le restaurant de Francis Ford Coppola !

Et vous, êtes vous plutôt papier ou ebook ?