Vous venez de mettre le point final à votre roman après des mois de travail. Avant d’envoyer votre manuscrit à un éditeur, il vous reste une dernière étape : les corrections ! Voici quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté pour être publié.

Les bases de la mise en page et de la correction

La présentation

Votre manuscrit doit être agréable et facile à lire :

  • Faites des sauts de page entre les chapitres et les différentes parties
  • Choisissez une police bien lisible (pas de fantaisie 😉 )
  • Utilisez un interlignage double
  • Numérotez les pages
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Laissez cette typo aux médecins 😉

Les premiers éléments de correction

  • Utilisez un correcteur d’orthographe et de grammaire : il en existe plusieurs qui sont performants. Les professionnels de l’édition utilisent souvent Prolexis mais l’addition est salée : comptez 300 euros pour le seul correcteur français. Pour ma part, j’utilise Le Robert correcteur (99 euros et parfois en promo). C’est un investissement, certes, mais un outil très utile notamment grâce à son dictionnaire des synonymes et des contraires intégré. Et l’équipe du Robert correcteur répond aux mails clients dans la journée (j’ai testé), en cas de problème, ce qui est un bon point !
  • Lisez votre texte à haute voix : vous allez voir, c’est stupéfiant ! On repère beaucoup plus facilement les répétitions et les tournures un peu lourdes. Je vous conseille d’ailleurs de prendre cette habitude en cours d’écriture.
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N’écoutez pas Nick, il n’a écrit qu’un demi-roman XD

Faites lire votre manuscrit à des amis / béta-lecteurs

  • Bien choisir son béta-lecteur : la première condition, c’est évidemment que cette personne en ait envie. Il faut opter pour quelqu’un de bienveillant mais qui saura vous faire des critiques constructives et vous alerter si quelque chose ne fonctionne pas dans votre récit. Vous pouvez aussi choisir votre béta-lecteur en fonction de votre cible (si votre roman s’adresse aux ados, c’est intéressant d’avoir l’avis d’un ado) ou en fonction de son expertise (votre intrigue se déroule dans un hôpital, un ami médecin pourra vous dire si certains faits ne lui paraissent pas réalistes).
  • Faut-il toujours écouter ses béta-lecteurs ? Pas systématiquement, l’auteur doit savoir se faire confiance ! Mais si plusieurs béta-lecteurs vous font la même remarque, c’est intéressant d’en tenir compte, ils ont sûrement mis le doigt sur un problème. Si l’un d’eux vous interpelle sur un point avec lequel vous-même n’étiez déjà pas très à l’aise, là encore, ça vaut la peine d’y réfléchir.

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Les corrections plus poussées sur la forme

  • Faites la chasse aux tics  : nous avons tous des petits tics d’écriture, des mots qu’on utilise un peu trop (souvent des adverbes), des expressions qui reviennent tout le temps… Et, malheureusement, nous sommes les plus mal placés pour les repérer. Il faut pourtant leur faire la chasse ! Vous pouvez demander à vos béta-lecteurs de vous aider pour cet exercice. Votre traitement de texte, grâce à son outil de recherche (ctrl+F ou cmd+F), vous aidera à mesurer la récurrence d’un mot ou d’une expression.
  • Savoir sacrifier “ses petits chéris” : (l’expression est de Stephen King) Parfois, on est super content d’une phrase, d’un trait d’humour ou d’un bout de scène, mais cet élément ne s’intègre pas très bien au reste ou casse le rythme de l’intrigue. Dans ce cas, on coupe ! Pas de pitié ! Vous pouvez garder votre petit chef d’œuvre dans un document annexe, vous trouverez peut-être un passage où il s’intégrera mieux ou bien il aura sa place dans un autre livre. Ce sacrifice peut aussi s’appliquer à un personnage.
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Le film “Kill your darlings”, sorti en 2016

Les corrections sur le fond

  • La cohérence de l’intrigue et de l’univers : relisez votre manuscrit en entier en vérifiant qu’il n’y a pas d’incohérences. Est-ce que la temporalité est bonne ? Est-ce que certaines scènes ne se contredisent pas ? Faites attention aux détails : si l’action se déroule en hiver, sous la neige, un personnage ne va pas se retrouver en robe de plage sans une bonne raison… Si votre héros est isolé au fond d’une grotte, il est peu probable qu’il y découvre l’arsenal de Macgyver pour se fabriquer un missile sol-air.

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  • La psychologie des personnages : l’une des difficultés quand on écrit, c’est qu’on sait ce qu’il va advenir de nos personnages mais que cela ne doit pas transparaître dans leur comportement. Soyez vigilant pendant cette phase de correction à gommer les réactions qui anticipent la suite du récit. N’oubliez pas non plus que si vous, vous savez tout, vos personnages, eux, apprennent au fur et à mesure de l’intrigue : ils ne sont pas omniscients !

Bonus : Si vous êtes anglophone, je vous conseille la lecture de la Crime school de Camilla Lackeberg, sur son site, qui donne de très bons conseils d’écriture pour construire une intrigue policière.

N’hésitez pas à laisser vos questions, idées ou conseils en commentaire !