Auteur jeunesse et vrai auteur ?

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Je suis auteur jeunesse, paraît-il. Parce que j’ai écrit deux livres qui s’adressent en priorité aux mineurs. J’ai tendance à me considérer comme auteur-tout-court, (sans doute ma tendance à m’agacer des étiquettes). Ce qui est amusant, c’est que ce label d’auteur jeunesse (ou de journaliste jeunesse, comme j’ai longtemps cumulé les deux casquettes) suscite parfois des questionnements étranges… Petit florilège !

« Tu écris pour les enfants parce que t’es jeune, c’est ça ? C’est un sujet que tu maîtrises, du coup. Plus tard tu écriras pour les adultes ? » (ou sa variante : « comment ça se passe auteur ? On écrit d’abord pour les enfants et quand on est confirmé pour les adultes ?)

What ? J’ai 34 ans, en fait ! Pas vraiment 12-15 ans comme mes personnages ou mon lectorat donc, non, je n’écris pas pour mes pairs. Si je raconte des histoires qui parlent d’adolescents, c’est tout simplement parce que je trouve que c’est une période de la vie très intéressante, riche en rebondissements, en changements et en questionnements. J’aime aussi m’adresser aux pré-adolescents et adolescents, sûrement parce que j’ai travaillé longtemps à leur contact et que j’ai l’impression de plutôt bien les connaître et les comprendre (avec du recul, pas parce que j’ai oublié de grandir ^^).

« Quand vas-tu écrire un vrai roman ? »

C’est le moment de passer aux aveux : oui, jusqu’ici j’ai écrit des faux romans. Parce qu’en fait, les romans pour la jeunesse, ça ne compte pas comme des vrais romans. Les vrais romans, ce sont ceux écrits pour les adultes. On aborde ici un des plus gros clichés sur la littérature jeunesse qui veut que celle-ci ne soit pas de la vraie littérature (c’est pour ça que les adultes adorent Harry Potter et se goinfrent de YA). Elle serait, par définition, mal écrite, avec un langage pauvre (comme les enfants sont bêtes, n’est-ce pas) et forcément rédigée avec un objectif pédagogique… Alors, pour ma part, je crois qu’on peut utiliser un vocabulaire riche pour s’adresser aux enfants, qu’ils sont tout à fait capable de le comprendre et de l’assimiler. Je ne poursuis pas d’objectif pédagogique ou moral si ce n’est l’espoir secret de donner le goût de la lecture (quelle plus belle récompense pour un auteur ?).

Dans le même esprit : on lit souvent dans la presse ce type de présentation : « Après avoir écrit plusieurs livres pour la jeunesse, elle/il publie son premier roman » (sous-entendu adulte, avant ça compte pour du beurre).

« T’es tranquille chez toi à écrire quand tu veux et ça paie bien, non ?

Grave ! Je vous laisse faire le calcul : 6% de droits d’auteur (pour la littérature adulte, on est à 10% mais pour la littérature jeunesse, on paie moins, normal !) sur un livre à 6,70 € (1). Pas de quoi me payer la bibliothèque de Poudlard avec ça 🙂 Donc, comme la plupart des auteurs jeunesse, j’ai un métier qui me permet de vivre et je suis auteur « en plus ». Une enquête interrégionale (2) révèle même que 20% des auteurs vivent sous le seuil de pauvreté.

(1) : Pour les flemmards : la réponse était 40 centimes par livre.

(2) : Les revenus connexes des auteurs du livre, données 2013-2014 d’Emmanuel Négrier CEPEL – CNRS – Université de Montpelier

 

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3 commentaires sur “Auteur jeunesse et vrai auteur ?”

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